Le Syscal Pro quitte le laboratoire tôt le matin, direction le chantier de Villeurbanne, avec ses bobines de câble et ses électrodes en acier inoxydable. On installe le dispositif Schlumberger sur le terrain, en espaçant progressivement les points d’injection AB jusqu’à atteindre les profondeurs d’investigation requises. La résistivité électrique par sondage électrique vertical est une méthode géophysique qui envoie un courant continu dans le sous-sol via deux électrodes et mesure la différence de potentiel entre deux autres. À Villeurbanne, où l’urbanisation dense limite l’espace disponible, le SEV apporte une solution non destructive pour imager les variations lithologiques sans forage lourd. On l’utilise souvent en amont d’un essai CPT pour caler les transitions entre les alluvions fluvio-glaciaires et le toit de la molasse, typiques du sous-sol de l’est lyonnais.
Un SEV Schlumberger bien exécuté à Villeurbanne peut détecter le toit de la molasse à ±1 m près, à condition de corriger l’effet des remblais anthropiques.
Comment nous travaillons
Contexte géotechnique local
Villeurbanne compte plus de 150 000 habitants sur un territoire de seulement 14,5 km², ce qui en fait l’une des communes les plus denses de France. Cette densité se traduit par un sous-sol saturé de réseaux enterrés — électricité, gaz, fibre optique, transports en commun — qui génèrent un bruit électrique parfois intense. Un SEV réalisé sans reconnaissance préalable des réseaux peut produire des courbes de résistivité apparente inexploitables. Dans le quartier des Gratte-Ciel, par exemple, la présence de structures métalliques dans le remblai et de lignes moyenne tension oblige à orienter la ligne d’émission perpendiculairement aux sources de bruit. L’autre difficulté locale vient des lentilles argileuses dans les alluvions, qui masquent la signature résistive du substratum molassique. Ignorer ces artefacts conduit à surestimer la profondeur du bon sol et à engager des fondations sur pieux inutilement coûteuses.
Normes techniques en vigueur
NF EN 1997-2 (Eurocode 7) — Reconnaissance et essais géotechniques, NF P94-500 — Missions géotechniques, Guide technique CFMR — Recommandations pour la prospection géophysique
Services techniques associés
Sondage SEV Schlumberger
Sondage électrique vertical 1D avec écartement AB/2 jusqu’à 200 m. Interprétation multicouche, détection des interfaces lithologiques, cartographie du toit rocheux sous couverture alluviale.
Tomographie électrique 2D
Profil de résistivité par dispositif Wenner-Schlumberger multi-électrodes. Adapté aux investigations latérales sous voiries ou futures plateformes, avec une couverture continue jusqu’à 30 m de profondeur.
Couplage géophysique et mécanique
Corrélation entre les modèles SEV et les essais CPT ou les puits de reconnaissance pour calibrer les valeurs de résistivité avec la lithologie réelle rencontrée sous Villeurbanne.
Paramètres typiques
Questions fréquentes
Quelle profondeur peut-on atteindre avec un SEV à Villeurbanne?
La profondeur d’investigation dépend de l’écartement maximal entre les électrodes d’injection AB et de la résistivité du sous-sol. Avec un AB/2 de 200 m, on image couramment jusqu’à 50 ou 70 m dans les alluvions de l’est lyonnais. La présence d’argiles conductrices peut limiter la pénétration, tandis qu’une molasse résistante améliore le signal en profondeur.
Combien coûte un sondage électrique vertical?
Le tarif pour un SEV Schlumberger à Villeurbanne se situe entre 520 et 880 euros HT, selon le nombre de points de mesure, la longueur de ligne déployée et le temps de traitement des données. Ce montant inclut l’acquisition terrain, l’inversion des courbes et le rapport d’interprétation géologique.
Quelle est la norme applicable pour un SEV en France?
Les sondages électriques entrent dans le cadre de la norme NF EN 1997-2 (Eurocode 7) qui régit la reconnaissance géotechnique. Nous suivons également les recommandations du CFMR (Comité Français de Mécanique des Roches) pour l’acquisition et le traitement des données géophysiques, et nous travaillons sous accréditation COFRAC pour les essais géotechniques associés.
Le SEV est-il perturbé par les réseaux urbains de Villeurbanne?
Oui, la densité des réseaux enterrés à Villeurbanne — électricité, tramway T1 et T4, gaz — génère du bruit électromagnétique qui peut parasiter les mesures. Notre équipe réalise une reconnaissance des réseaux avant intervention et oriente la ligne d’émission pour minimiser le couplage. Dans les zones très bruyantes, on augmente le courant d’injection ou on utilise des filtres numériques au traitement.
Peut-on coupler le SEV avec d’autres méthodes géophysiques?
Absolument. Sur Villeurbanne, on couple régulièrement le SEV avec la tomographie électrique 2D pour une vision latérale, ou avec la sismique réfraction quand on a besoin de connaître les vitesses des terrains. Le croisement des méthodes réduit les incertitudes d’interprétation, surtout dans les zones où les contrastes de résistivité sont faibles.
